« Grenoble, la montagne, le Vercors, l’architecture… Ma vie tient tout entière dans ces quelques mots. »
Ce 18 février 1968, le soleil se couche sur les Jeux Olympiques. Sur le tremplin de Saint-Nizier qu’il a conçu, la dernière épreuve vient de s’achever. Tandis que la clameur retombe, Pierre Dalloz contemple son œuvre. Pour lui, ce tremplin n’est pas seulement du béton et de l’acier ; c’est la synthèse d’une vie.
Tout a commencé cinquante ans plus tôt. Le 11 novembre 1918, alors que le canon tonne pour annoncer l’Armistice, un jeune homme de 18 ans arrive à Grenoble. Loin de sa ville natale de Bourges, il s’inscrit à l’Institut Électrotechnique. Ce soir-là, il se mêle à la liesse populaire, ivre de liberté. Grenoble devient le décor de sa jeunesse. Il y étudie, mais surtout, il y découvre la montagne. Alpiniste chevronné, il conquiert la chaîne de Belledonne, ouvre des voies dans le Mont-Blanc et laisse son nom à une fissure des Trois Pucelles. Un premier lien indéfectible avec le lieu.







